Pédagogie positive : fabrique-t-on vraiment des “enfants rois” ?

La pédagogie positive fait couler beaucoup d’encre. Pour certains, elle serait une révolution bienveillante. Pour d’autres, un glissement dangereux vers l’enfant roi : un petit tyran qui décide de tout, ne supporte aucune frustration et fait tourner la maison en bourrique.

Mais que disent vraiment les spécialistes du développement émotionnel ? Et que montrent les observations du terrain ?

Plongeons ensemble au cœur de cette question brûlante… et souvent mal comprise.

Sommaire

Temps de lecture estimé : 6 minutes

  • La pédagogie positive n’est PAS une pédagogie permissive
  • L’enfant n’est pas un roi… il est un être humain en développement
  • D’où vient l’idée de “l’enfant roi” ?
  • Poser des limites… autrement
  • Conclusion

La pédagogie positive n’est PAS une pédagogie permissive

Dans ses ouvrages et conférences, Isabelle Filliozat rappelle une idée essentielle :

👉 bienveillance ne veut pas dire absence de limites.

La pédagogie positive repose sur trois piliers :

  • un cadre clair, sécurisant et cohérent,
  • une communication respectueuse,
  • une compréhension des émotions.

Rien à voir avec un enfant qui décide de tout.
L’adulte reste le guide, celui qui donne le cap et pose le cadre nécessaire.
La différence ? Il ne le fait pas contre l’enfant, mais avec lui.

L’enfant n’est pas un roi… il est un être humain en développement

Les vidéos de Marion Cuerq montrent à quel point les adultes, dans de nombreuses sociétés, exigent de l’enfant un contrôle émotionnel que nous-mêmes ne maîtrisons pas toujours.

La pédagogie positive part d’un constat simple :

➡️ le cerveau de l’enfant est immature, particulièrement dans les zones qui régulent l’impulsivité, l’empathie et la gestion émotionnelle.

Ce n’est pas un “mini-adulte capricieux”.

C’est un être en maturation.

Dire “stop”, “ce n’est pas possible”, “tu peux être en colère mais je t’empêche de frapper” n’a rien d’un renoncement.
C’est même indispensable pour la construction intérieure de l’enfant.

D’où vient l’idée de “l’enfant roi” ?

  • l’adulte n’ose plus dire non,
  • la frustration n’est jamais vécue,
  • l’enfant décide des règles,
  • l’adulte cherche à “éviter les conflits à tout prix”.

➡️ Cette dérive n’a rien à voir avec la pédagogie positive.
C’est une confusion entre bienveillance et absence d’autorité.

enfant roi montessori

Poser des limites… autrement

Voici ce que proposent réellement les approches positives :

  • Dire NON clairement
  • Expliquer la règle
  • Accompagner les émotions
  • Proposer des alternatives respectueuses

La limite reste.
La relation aussi.

Conclusion : non, la pédagogie “positive” ne fabrique pas des enfants rois. Elle fabrique des enfants… et des adultes plus sains.

La question n’est pas : « Pédagogie positive = enfant roi ? »
La vraie question est :
Souhaitons-nous éduquer nos enfants par la domination… ou par la coopération ?

La bienveillance n’est pas une faiblesse.
C’est une compétence éducative, exigeante, profonde, et incroyablement puissante.

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